Dans la forêt — Jules Supervielle

Arbre abattu

Dans la forêt sans heures
On abat un grand arbre.
Un vide vertical
Tremble en forme de fût
Près du tronc étendu.

Cherchez, cherchez, oiseaux,
La place de vos nids
Dans ce haut souvenir
Tant qu’il murmure encore.

Jules Supervielle,  in Le forçat innocent, Poésie Gallimard

 

Bonne année à tous et meilleurs vœux pour cette deuxième décennie que je souhaite pleine de promesses…

13 Comments Dans la forêt — Jules Supervielle

  1. Sébastien

    Heu Seb il y a un souci tu ne t’es pas déconnecté quand tu es venu sur mon ordi et c’est toi qui envoies mes messages 🙂

  2. Sébastien

    Ahahaha comme ça j’ai l’air d’un schizo ^^
    C’est très beau Supervielle et pourtant bizarrement c’est pas très connu

  3. mc d'augé

    allez sois pas parano Seb je crois que c’est réparé … Supervielle oui c’est beau à découvrir pour ma part 🙂

  4. ekwerkwe

    Pour moi aussi, c’est à découvrir. Un jour, promis.
    Et une très belle année à toi, cher Sébastien.

  5. Leila

    SVP c’est quoi la moral de ce poeme ? (‘est mon prof’ de francais qui me le demande et je galère 1 eu …)mercii
    d’avance ( enfin , si vous trouver )
    je n’ai que 12 ans
    🙂
    <3

  6. Sébastien

    Bonjour Leila,

    Il n’y a pas, à proprement parler, de morale dans un poème. Dans une fable à la rigueur, et encore cela se discute mais ce n’est pas le lieu d’en parler et de toute façon j’imagine que ton professeur a posé la question comme ça…

    Alors je ne te donnerai pas de réponse toute faite, d’abord mes réponses sont mes réponses pour moi et puis ce ne serait pas t’aider vraiment…

    Il faut aller chercher le sens de ce que nous disent les mots…

    Le temps et le lieu du poème sont dans le premier vers : mais qu’est-ce donc qu’une « forêt sans heure » ?

    Le sujet principal est un arbre, dans une forêt. Que t’évoque l’arbre exactement ? Comme est fait un arbre, quel sont ses composants, ses attributs ? A quoi peut-on le comparer ? Celui-ci est grand et sans doute vieux…

    « On abat un arbre » : qui est le on que désigne le poète ? Pourquoi abat-on des arbres en général ? Trouves-tu cette scène décrite avec violence ?

    Son tronc coupé crée un vide, en forme de fut. Comment te représentes-tu cette scène ? Son tronc coupé à la base crée un vide, en forme de fut. Qu’est-ce que cela veut dire pour toi ? On peut être grand, majestueux et être rempli d’air, de vide ?

    Qui sont ces oiseaux que le poète interpelle ? Pourquoi parler du nid ? Le nid, juché sur la cime, a-t-il totalement disparu ? S’il laisse place à des souvenirs, que penser alors du fait qu’on coupe des arbres pour ne plus se poser, pour ne plus retrouver le confort douillet d’un nid ?

    Et l’arbre abattu « murmure encore », qu’est-ce que veut dire cette phrase ? Comment cela est-il possible ? Une chose ou un être mort n’est pas silencieux à jamais ?

    Tu vois, il faut se poser à soi et poser au texte plein de questions, il a des choses à nous dire et pourtant selon le lecteur, les réponses sont toujours différentes, car un poème n’apporte pas une réponse à un problème (moral ou autre) mais pose des questions auxquelles seul le mystère et la curiosité de ton esprit peuvent répondre.

    Un poème nous apprend à apprendre… mais il faut être patient et se creuser la tête car il parle toujours par énigmes dont les indices sont contenus dans la façon dont les mots sont choisis et agencés.

    Pose toi des questions, trouve des réponses qui appellent d’autres questions et trouve un lien à tout cela…

    A toi de jouer !

  7. Hélène

    Ce poème me fait penser à celui d’Aragon « Les oiseaux »; les oiseaux y sont chassés , « le pays meurt… et le poète est sans demeure.. » !! Je suis émerveillée par ces deux poèmes qui évoquent avec tant de beauté , le déracinement, l’errance, la solitude créés par des « on » irréfléchis et irrespectueux. Hélène

  8. Sébastien

    Merci pour ce rapprochement entre ces deux poèmes… Je vais tâcher de retrouver ce poème « Les oiseaux » ; savez-vous dans quel recueil puis-je le trouver ?

    Merci de votre visite, repassez dans le labyrinthe quand vous le voulez…

  9. mollymooon

    Excusez-moi mon français en avance.
    Je crois que Supervielle personifie l’arbre comme une personne qui est mort car cet arbre a des souvenirs de ses nids et de ses oiseaux. Alors, cette une métaphore prolongée dans tout le poème. L’arbre, ou son tronc, ou son cadavre si nous parlons de l’arbre comme un être humain, se sent « vide » et « étendu » car les oiseaux et ses nids lui manque beaucoup. L’arbre mort souviens les nids. Il lui sent encore comme un invalide sans pies qui peut sentir encore ses pies. Un invalide se démange ses pies bien que il ne les a plus; on veut dire « démangeaison fantôme. » Alors, l’arbre sent ses branches fantôme et les nids au-dessus d’eux. L’arbre mort murmure de sa douleur et tristesse « dans la forêt sans heures. » L’arbre peut existir – souvenir et murmurer – car il n’y a pas du temps dans cette forêt-ci, donc il n’y a pas de morte vrai. L’arbre se sent vide comme un fût qui avait plein d’eau. L’arbre avait plein de chansons des oiseaux, de la vie et de la joie pendant sa vie. Maintenant, l’arbre n’est plus qu’une fantôme d’une personne qui était vivre et joyeux, mais il est mort, et sa existence a plein de souvenirs et tristesse pour éternité « dans la forêt sans heures. »
    C’était mon premier analyse d’un poème en français. Je vais ravi de lire votre commentaires!

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