Etre une femme, Libre

Ne vous attendez pas à ce que j’écrive avec de belles formules. Je ne sais pas comment on fait, mais j’écris quand même.
Je suis une femme. Libre.

J’aurais pu être une fleur, une pierre, une feuille, une libellule, ou que sais-je encore ?… A la place j’ai eu un corps, pas n’importe lequel : un corps de femme. Constitué de tous ces membres, plutôt en bonne santé, agréable à la vue et au toucher. Et alors quoi ? Je devrais en avoir honte, le cacher ? Le laisser vierge, le réserver à Un élu qui saurait en prendre soin ? Ou le laisser en pâture aux chiens enragés ? Foutaise ! Nous ne sommes toujours pas sortis de cet héritage judéo-chrétien -quoi que nous en disions. Nous nous  positionnons  pour ou contre, dans tous les cas, on compose avec… Et bien, ça peut être différent.
Abolissons les notions d’échelles ! Il n’est pas question de « mieux », « moins bien », « autant », c’est tout simplement toujours des actes, relations, échanges, ressentis uniques et différents. Et si nous les vivions vraiment dans toute leur plénitude de l’instant, nous toucherions l’essence des flux qui nous traversent.

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Etre une femme, libre

Je me mets dans un cylindre constitué d’anneaux qui se resserrent, se referment jusqu’à la suffocation. A mon dernier souffle, un cri surgit, celui de la Liberté, et je me mets à créer de nouveau. J’installe le manque, la solitude, l’absurdité d’une vie en cette société afin de me pousser vers une explosion de force vitale.
Contenir le feu jusqu’à ce qu’il brûle de trop pour le retenir, et laisser ses flammes danser. Est-ce de le retenir qui le fait grandir à en bondir ? Ne ressentons-nous pas le besoin de liberté au plus profond de nos entrailles lorsque nous sommes enfermés ?

Isadora Duncan

Je suis une femme qui aime, qui désire.

Qui patiente, s’impatiente. Qui s’offre toute entière sans condition. Qui aime marcher nu-pieds dans l’herbe humide, observer le parcours des insectes, deviner toutes sortes de paysages dans les nuages. Qui aime s’endormir tard dans la nuit quand elle a oublié de manger, manger une compote dans son lit, repousser toujours un peu plus son réveil quand le matin crie de se lever. Qui aime se laisser surprendre par la vie elle-même, se laisser emporter par sa propre fougue du moment. Qui n’aime pas manger à heures fixes, préfère le faire quand elle a faim, tout simplement. Qui aime grignoter n’importe quand, juste parce que c’est bon et vite fait.
Une femme qui désire qu’on la caresse comme si c’était la première fois. Qui désire qu’on l’aime pour tout ce qu’elle est, sans compromis. Qui aime se retrouver nue juste avant la douche, et le coucher aussi.

Je suis une femme qui dégueule sa féminité. Qui hurle qu’elle ne sait pas et qui s’en fout. Qui aime ce sang mort qui sort de ce corps parce qu’il lui dit qu’elle existe.

Qui ne veut pas aller travailler juste parce ce qu’« il faut ». Qui veut douter. Qui veut être libre. Libre face à son propre cheminement de penser. Pouvoir dire à son mental qu’elle ne l’écoute pas, qu’il peut bien vomir toutes ses conneries, elle s’en va. Qui veut pouvoir s’enfuir si ça lui chante.

Je suis une femme incontrôlable.

Qui ne veut pas sortir des conventions juste parce que « ça fait bien ». Qui veut bien croire tout ce qu’on lui dit, pourvu qu’elle oublie le lendemain. Qui veut se sentir belle pour elle-même et pas pour les autres. Qui veut chanter et danser aux enterrements.
Une paresseuse pour défier le temps, pour goûter le temps. Qui n’accepte pas le « cliqueclic » de l’horloge sauf quand il la berce et lui montre que chaque seconde est unique. Qui veut se serrer dans ses propres bras si elle en a envie. Qui veut être seule, embrasser à bras le corps la solitude. Qui veut aussi partager ce qu’elle est à travers moult rencontres. Tant qu’elle peut rester libre sans qu’on la regarde de travers. Tant que les rencontres se vivent dans l’échange le plus absolu. Tant que les gens s’écoutent.

Je suis une femme qui aime, qui aime, qui aime, qui aime, qui aime, qui aime, qui aime, qui aime, qui aime, qui aime, qui aime, qui aime, qui aime, qui aime, qui aime, qui aime, qui aim….. qui aime le jeune, le vieux, le rabougri, le propre, le moisi, qui aime parce que c’est dur, simple, et doux d’aimer. Qui aime le tricheur, le malfaiteur, l’enfant, le détraqué, le paumé, l’illuminé, l’insensé, le sage, le respectueux, le malheureux. Qui aime voir la fleur s’ouvrir, s’épanouir, se faner, sécher, puer. Qui aime laisser pourrir la fleur dans le vase sur la table. Qui aime garder des choses inutiles pour les trier, les ranger, les jeter plus tard.

Je suis une femme qui aime être triste, parfois. Qui aime boire du thé au lieu de fumer. Qui aime être assise là, pour rien. Qui aime rire comme une enfant parce qu’elle vient juste de péter. Qui aime la larme facile devant les mélodrames ridicules de certains films. Qui aime acheter un livre en se disant qu’elle le lira, parce qu’il a croisé ses coïncidences du moment. Qui aime se balader dans une ville connue sans savoir où aller, découvrir des ruelles, marcher la tête en l’air. Qui aime écouter de la musique qui la rende nostalgique, joyeuse, énergique, amoureuse. Qui aime qu’on la regarde avec des yeux pétillants, des yeux d’amoureux. Qui aime s’habiller avec des vêtements d’été, même en hiver.

Je suis une femme qui n’aime pas les soutiens-gorge. Qui aime les culottes en coton. Qui aime autant le pastel que les couleurs vives. Qui aime les superpositions. Qui aime porter de grosses chaussettes en laine sous la couette parce qu’elle a les pieds froids. Qui n’aime pas le maquillage sauf pour se déguiser. Qui aime bien le carnaval, le clown et les contes. (…)

Je suis une femme qui aime se rendormir pour continuer de rêver. Qui aime rêver même quand le rêve s’épuise, même quand le rêve se répète.

Je suis une femme, juste une femme.

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Pour conclure, une artiste inclassable, une femme, que j’affectionne particulièrement.
Qui peut dérouter, je vous le concède.

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Parce que la conclusion se repousse toujours un peu plus loin, que le point final n’est jamais tout à fait donner là où on s’y attend…

 

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La liberté?
Réflexion d’une femme

La liberté ?????

Archives mai 68

Il est si facile de parler de liberté pour une femme occidentale, indépendante, libre de penser, de se déplacer, de s’exprimer, libre de corps. La liberté n’est pas le « faire tout et n’importe quoi »selon le désir du moment un point c’est tout. La liberté n’est pas un caprice ! La liberté n’est pas qu’une jouissance joyeuse, elle peut être douloureuse parce qu’elle demande à être conquise à chaque minute et qu’elle est exigeante la liberté !

 

Il ne s’agit pas ici de politique, encore moins d’une quelconque revendication. Une image pour ce qu’elle donne à penser.

 

La vie sociétale nous impose ses propres règles qui parfois nous cousent la bouche et atrophie nos membres. La vie elle-même nous tend sans cesse des pièges de contraintes. La liberté de conscience est là, quelque soit nos origines, nos croyances, notre histoire personnelle. Nous ne choisissons pas nos parents, notre lieu de naissance, notre sexe [certaines croyances liées à la résurrection disent que si, quoiqu’il en soi on oublie tout en « renaissant » -je ne développerais pas ici] mais nous avons le libre-arbitre. Nous faisons toujours des choix, certes liés aux contraintes, facteurs divers et variés et blablabla… mais ils sont là, toujours à renouveler.

Etre une femme ne facilite pas la tâche. Car  même si « la femme est l’avenir de l’homme », paraît-il, l’homme met du temps à s’en rendre compte. L’histoire de la femme -de la soumission de la femme-  nous montre comment Etre libre pour une femme est un combat de tous les jours. Ce n’est jamais acquis, même pour une femme occidentale. Parce que la liberté peut être l’illusion de la liberté. Quand on croit être libre par idéaux.

Est-on libre de penser lorsque l’on reste attaché à une histoire culturelle, religieuse, morale ? lorsqu’on a de cesse de se positionner « pour » ou «  contre » ? lorsque l’on vit selon un modèle (même si il est choisi, assumé), selon une image de celui ou de celle que j’aimerais être ? lorsque l’introspection nous mène de définition en définition sur ce que je suis supposé être ?

Est-il possible de vivre libre sans l’arrogance de celui qui sait, juste parce qu’il est un Homme ? de celui qui se sent supérieur à toutes autres espèces parce qu’il croit que ses perceptions sont La vérité – parce qu’il se sent doué de conscience ?

Je vous laisse avec cet autre point d’interrogation.
Faut-il avoir l’impression de souffrance pour se sentir libre ?

 

………

La liberté, l’envol

Et… Et, parce qu’il y a toujours des « et » et des « haies » dans les libertés…

Une petite note de plus, légère comme une plume…

Et maintenant que je peux mettre des vidéos, je ne vais pas m’en priver…Surtout lorsqu’il s’agit de Tony Gatlif et de son cri permanent d’humanité. Je me suis contentée de celle-ci, un choix difficile à faire parmi toutes les vidéos que je garde sous le coude. Alors il réapparaîtra sûrement.

Post-scriptum: certains ajouts s’incrustent parfois dans ces petites traces de vie, au gré du vent…

3 Comments Etre une femme, Libre

  1. Sébastien

    Je vois que tu te spécialises dans le post évolutif… Il est vrai qu’il vaut mieux revenir plusieurs fois sur tes billets, déjà ça fait une occasion d’en relire une partie et de découvrir de nouvelles choses.

    Beaucoup de choses à dire sur la liberté : liberté individuelle, collective, liberté des classes sociales, des sexes, liberté de conscience (valeur pour moi fondamentale), liberté dans le respect des autres et de soi-même. La recherche du bonheur passe aussi par là, par cette quête de la liberté : certains disent que le bonheur se trouve quand on est libéré de soi-même (et cette n’est absolument pas un euphémisme de la mort). On est aussi avant tout notre propre labyrinthe ! En tous les cas c’est heureux de parler de liberté en ce lieu, c’est tout à fait à sa place !

    Quand aux illustrations sonores et visuelles, je suis content de découvrir à mon tour des choses extraordinaires dans mon labyrinthe.

    Juste une réflexion :
    « Est-il possible de vivre libre sans l’arrogance de celui qui sait, juste parce qu’il est un Homme ? de celui qui se sent supérieur à toutes autres espèces parce qu’il croit que ses perceptions sont La vérité – parce qu’il se sent doué de conscience ? »

    Quelque part ton conte chamanique répond à cette question : notre société occidentale considère en effet le savoir, la conscience comme un péché (l’épisode de la pomme qui nous expulse de l’Eden), mais comme un péché qui nous distingue en effet des autres créatures (qui elles ne l’ont pas croquée)… Ce qui fait qu’il y a des civilisations (et pas qu’orientales même si ce sont les plus souvent citées) qui continuent de considérer l’homme comme une partie du tout, simplement comme un grain de sable parmi d’autres dans l’édifice. Donc, je réponds à ta phrase en disant, oui c’est possible (Yes we can !), chacun peut à son niveau travailler pour se rendre un peu plus humble face à l’univers qui nous entoure ! On peut avoir une conscience (qui n’est pas d’ailleurs par définition un savoir axiomatique, la conscience vise justement séparée de tout dogme idéologique pour être libre de choisir), on peut détenir un savoir (intellectuel, manuel, spirituel) et admirer, respecter avec humilité le monde qui nous entoure. Après bien sûr c’est un travail de longue haleine et les contingences matérielles, politiques et morales de notre société de nous aident guère dans cette ouvrage.

  2. Inca-nue

    Comme tu le vois je ne suis pas couchée! alors je te réponds, un peu en vrac.

    -Etre libéré de soi-même, évidemment… De son égo, de sa propre histoire personnelle, de ses projections(passées et futures)…Tout un programme! C’est aussi mourir, mourir à soi, à l’image de soi que l’on a mis tant mal à se construire.

    La liberté dans le respect des autres et de soi-même. Une autre voie dans laquelle je rentre volontiers. J’y reviendrais sûrement plus longuement, plus tard…

    -Concernant les questions, elles trouvent leurs propres réponses.
    Pour l’arrogance dont je parle, elle n’existe pas qu’en Occident, de grands Sages (de partout) l’ont aussi, dès qu’ils se disent « sages ».
    L’Homme comme une partie du Tout et comme (un)contenant du Tout.
    L’humilité, pour moi, c’est réussir à se lever chaque matin en se disant que l’on ne sait rien.

    -Et la conscience? Vaste, très vaste sujet… je me pose juste cette question un peu naïve parfois:comment être sûrs que nous sommes la seule espèce dotée d’une conscience? je ne divague pas là sur l’existence éventuelle d’un clone extra-terrestre, mais en restant ici et en observant autour de nous. Car nos mythes sont construits par nos propres perceptions, toujours très subjectives, et limitées en un sens.

  3. Inca-nue

    Nous recherchons la liberté, le bonheur (enfin, l’idée que l’on s’en fait)mais voulons-nous vraiment le trouver? N’avons-nous pas peur de ne plus rien avoir à chercher si on l’approchait? Ne vous en faites pas, c’est toujours à reconquérir!…

    Ah la liberté!Elle décontenance car elle nous met face à nous-même, nu.

Ecrire dans les marges