La géométrie de l’Univers selon Borges

La ligne est composée d’un nombre infini de points ; le plan, d’un nombre infini de lignes ; le volume, d’un nombre infini de plans ; l’hyper-volume, d’un nombre infini de volumes… Non, décidément, ce n’est pas là, more geometrico, la meilleure façon de commencer mon récit. C’est devenu une convention aujourd’hui d’affirmer de tout conte fantastique qu’il est véridique ; le mien, pourtant, est véridique.

Le livre de sable, J.-L. Borges,  Folio Gallimard

L’univers (que d’autres appellent la Bibliothèque) se compose d’un nombre indéfini, et peut-être infini, de galeries hexagonales, avec au centre de vastes puits d’aération bordés par des balustrades basses. De chacun de ces hexagones on aperçoit les étages inférieurs et supérieurs, interminablement. La distribution des galeries est invariable. […] Les hommes en tirent conclusion que la Bibliothèque n’est pas infinie; si elle l’était réellement, à quoi bon cette duplication illusoire ?

La bibliothèque de Babel in Fictions, J.-L. Borges, Folio Gallimard

 

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Foyers

suie de l’âtre
nue est la nuit semant
l’ignescent timon d’hiver

suis de l’hêtre
nuée, l’ennui s’aimant,
de lignes et sentiments divers

suie de l’être
muette d’envie aimante
braise incandescente jusqu’à l’étincelle

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